La Commune de Saxon compte une quinzaine de châbles.
Un châble, en patois tsable ou tsablyo, car le son « ch » se prononçait « ts », est un toponyme bien connu en Suisse romande : en montagne, c’est un dévaloir, une sorte de couloir au travers des pentes, par où l’on fait dévaler les troncs abattus.
Le terme remonte à l’ancien français chaable, issu du latin populaire « catabolu », qui vient du grec « katabole », signifiant « action de jeter en bas ».
Les châbles frappent, sur les photographies d’époque, par leur profond impact sur le paysage. Dans leur zone inférieure, ils étaient tous répertoriés et cadastrés, formant ainsi des parcelles étroites et allongées appartenant à la Bourgeoisie.

1905. Martigny. On distingue bien, dans la forêt, les châbles par lesquels on descendait les bois coupés.
Tiré de « Martigny et Entremont autrefois », Editions Pillet, Saint-Maurice
Connus, les châbles avaient autrefois chacun leur nom.
L’usage et l’entretien des châbles faisaient l’objet d’une attention particulière. On imagine sans peine le danger représenté par tous ces châbles, alors en pleine activité.
Les travaux de châblage étaient particulièrement dangereux lorsqu’il fallait remettre une bille correctement dans l’axe du châble afin qu’elle dévalât à nouveau vers la plaine. Durant ces manœuvres, le risque était grand de se faire écraser.
Parvenus en plaine, les bois étaient frottés, voire incrustés de cailloux, ce qui diminuait leur valeur marchande auprès des scieurs. Pour cette raison, leur châblage se déroulait de préférence en hiver sur sol gelé ou enneigé.
Avec la construction de voies carrossables, les dévaloirs ont été petit à petit abandonnés.
Tiré de « Saxon, entre ombre et lumière, mille ans d’histoire au pied de la Pierre-Avoi », Editions Monographic
