juin 2019
Dès la fin du XIXe siècle, la domestication des eaux dans la plaine du Rhône, par l’endiguement du fleuve et le creusement de canaux, permet de dégager de nouvelles grandes surfaces cultivables.
Des sociétés œuvrent au développement agricole du canton, notamment l’Ecole d’agriculture d’Ecône dès 1892, et boostent la production de fruits et légumes. La « Société de conserves alimentaires de la vallée du Rhône » établie à Saxon, rebaptisée « Doxa », assure l’écoulement et le commerce d’une bonne partie de ces produits.
L’arrivée du train à Saxon favorise également l’expansion agricole par son soutien logistique.
La 1ère Fête valaisanne de l’abricot a lieu du 13 au 20 juillet 1952 à Saxon. Les autorités fédérales mettent en place « le système des 3 phases » pour équilibrer la production indigène et les importations.
Tout concorde à un essor réjouissant.
Début août 1953, les récoltes sont prometteuses. Mais seulement voilà : les dépôts de fruits sont pleins d’abricots étrangers. La bourse aux fruits qui se tient à Saxon décide de l’arrêt des cueillettes. Devant l’injustice de leur situation, les paysans se révoltent le 7 août à la gare : routes barrées, trains bloqués, wagons saccagés.
La presse condamnera ces violences en comprenant toutefois les raisons qui ont poussé les paysans à se rebeller… L’affaire sera portée devant les tribunaux.
Finalement, la Confédération appellera à la solidarité nationale
pour écouler les abricots valaisans de la révolte.
juin 2021
La Commune de Saxon comptait une quinzaine de châbles.
Un châble, « tsable » en patois, est un dévaloir, une sorte de couloir dans la pente, par où l’on faisait dévaler en hiver les troncs abattus.
Les travaux de châblage étaient particulièrement dangereux lorsqu’il fallait remettre une bille dans l’axe du châble afin qu’elle dévalât à nouveau vers la plaine. Durant ces manœuvres, le risque était grand de se faire écraser.
Avec la construction de voies carrossables, les dévaloirs ont été petit à petit abandonnés.
Inspiré de « Saxon, entre ombre et lumière, mille ans d’histoire au pied de la Pierre Avoi », Editions Monographic
juin 2021
Joseph Perrier, dit Jo Perrier, naquit et vécut dans cette maison. Jo se produisit pour la première fois à l’âge de 15 ans accompagné de son accordéon.
Il travailla la campagne avec son père. Il épousa Darynka Claret en 1958. De cette union naquirent deux enfants, Joël et Carole. En 1961, il reprit l’épicerie familiale qui devint plus tard un bar à café.
En 1957 débuta l’aventure de l’Orchestre Jo Perrier. Les 28 musiciens des 8 formations différentes animèrent les bals, concerts, soirées et innombrables manifestations à travers le Valais et la Suisse romande en reprenant les tubes de chaque époque. La presse dit de Jo qu’il fit danser près de 100’000 Valaisans !
Avec son piano, Jo Perrier composa de nombreuses musiques et chansons, dont la plus célèbre ‘Maman’, interprétée par le jeune Jean-Jacques, qui représenta les couleurs de Monaco au grand Prix Eurovision en 1969 à Madrid.
En 1988, Jo Perrier écrivit une oeuvre musicale qui en bouleversa plus d’un : Hymne à la célèbre ‘Inconnue du Rhône’.
Pour contribuer à la découverte et au lancement de jeunes talents, Jo créa son propre studio d’enregistrement dans sa grange au village avec la collaboration de son fils Joël et de son ami José Marka : le Studio JOP. Sa renommée dépassa même les frontières helvétiques.
Jo Perrier participa aussi à la vie locale du village en faisant partie de la commission culturelle, du comité de Carnaval et du chœur Gospel. Il écrivit également une chanson ‘La Fête’ afin de célébrer l’abricot, fruit emblématique de Saxon, à l’occasion de la Fête qui lui fut dédiée en 1983.
Toute sa vie fut construite au rythme vivant de la musique.
Jo Perrier laisse le souvenir d’un homme au grand cœur, entier et passionné.
juillet 2022
L’Affaire du fluor en Valais, un scandale environnemental qui mettra près de 70 ans pour éclater.
En 1908, le Valais entre de plain-pied dans l’ère industrielle avec la construction de deux usines d’aluminium. La première se situe à Chippis et appartient à la firme qui deviendra Alusuisse ; la seconde est construite par une firme allemande à Martigny. Très vite, des dégâts sur la végétation sont constatés. Le responsable des dommages est un composé fluoré nécessaire à l’abaissement du point de fusion lors de la fabrication de l’aluminium. Ses émissions portent également atteinte à la santé des travailleurs qui rencontrent des problèmes respiratoires et des lésions osseuses, bien que la maladie dont ils souffrent – la fluorose – ne soit pas encore reconnue.
Le problème s’intensifie dès les années 60 avec une forte augmentation de la production. Les producteurs bas-valaisans se plaignent régulièrement de dégâts conséquents sur leurs cultures, notamment sur les abricotiers. L’affaire reste toutefois confinée dans la sphère agricole. Il faut attendre 1975 et une récolte d’abricots catastrophique – plus de 90% des récoltes sont détruites à Saxon – pour que le problème du fluor soit plus largement dénoncé et que l’affaire se transforme en véritable scandale. En effet, ce n’est qu’avec une large mobilisation multisectorielle que la question du fluor se retrouve sur le devant de la scène. Cette dénonciation est rendue possible grâce à l’investissement des Saxonnains et aux mobilisations bas-valaisannes qui contraignent le Gouvernement valaisan à prendre des mesures en 1978, malgré le poids économique et politique d’Alusuisse qui protégeait jusque-là l’ensemble des usines d’aluminium valaisannes. Au printemps de cette année-là, quelques paysans ayant perdu foi et patience dynamitèrent un pylône acheminant l’électricité pour l’aluminium…
Coralie Fournier
novembre 2022
Voici Monsieur Paul Vouilloz, 1912 – 1976, vous présentant sa fine eau-de-vie de poire William,
la bien nommée « Williamfine du Moulin » devant l’établissement de Charrat.
Monsieur Paul Vouilloz était un entrepreneur avant-gardiste qui défonçait des terrains privés autant que d’autres parcelles appartenant à l’Etat du Valais avec sa pelle mécanique. Il participa ainsi à l’amélioration des cultures de la plaine du Rhône.
Il avait de qui tenir. Son père Maurice Vouilloz, 1871 – 1927, était le directeur de la fabrique de conserves DOXA qui écoulait les abondantes récoltes de fruits et légumes cultivés dans la plaine.
Monsieur Paul Vouilloz était membre des entrepreneurs suisses. Il voyagea jusqu’aux USA même. Lors d’un déplacement en Hollande, il fut émerveillé par les moulins. A son retour, il participa à la construction du moulin de Charrat où le président Hermann Gaillard voulait justement faire la promotion du Valais et de ses fruits et légumes.
Les nombreux touristes qui passaient aux alentours du « Mon Moulin » de Monsieur Gaillard, pouvaient donc acheter des produits de qualité comme les abricots, les poires et leurs dérivés confectionnés dans la cuisine du restaurant. Sans oublier les fines eaux-de-vie.
Ce sont sa fille, Yvonne Vouilloz-Perrier, et son beau-fils, Félix Perrier, qui vivent ici en gardiens du souvenir…
Cette maison fut construite en 1916 par Monsieur Besson et rachetée ensuite par Monsieur Maurice Vouilloz.
Le peintre, Robert Vassaux de Fully, peignit la fresque en 1970.
août 2024
On marche depuis des centaines de milliers d’années. C’est bien à pied que l’homme moderne s’est déplacé jusque dans nos régions. Venant du val de Bagnes, passant par les Hauts de Saxon, les pionniers se sont bien vite attaché les services de bêtes de trait et de somme.
Pour progresser dans son travail, l’Homme a construit des machines.
Et ça marche ! Il faut maintenant améliorer les infrastructures de circulation.
La société est en marche vers la technologie. Les limites sont repoussées. A chaque effort de mobilité, l’homme oppose un nouveau moyen puisant dans les différentes énergies : fossile, hydro-électrique, nucléaire, éolienne, solaire. La liste s’allonge tous les jours : trottinette, vélo, moto, taxi, bus, camion, train, voiture volante, avion, hoverboard, dirigeable, …
Merci aux propriétaires Antoinette et Christian Dubuis d’héberger notre fresque.
Ils ont favorisé la mobilité en portant leur eau pour le fameux Rallye International du Valais !
juin 2025
André Michellod, né le 20 août 1931, fut une figure emblématique du village de Saxon, connu notamment pour sa pratique du tambour.
Il épousa en 1961 Julia Moos dont il eut trois enfants : Léna, Sylvia et Patrick. Il est décédé le 2 janvier 2017.
André était connu à Saxon et bien au-delà, sous son fameux surnom de « Carbolone », littéralement « noir comme du charbon, un sobriquet dont l’aurait affublé sa mère en raison de son teint hâlé.
Il travailla au service de la commune de Saxon, exerçant différentes fonctions, notamment celle de concierge communal, duquel dépendait entre autres l’entretien de l’école.
Dès l’âge de 18 ans, Carbolone fut surtout le dernier « crieur public » de Saxon, chargé non seulement de procéder aux criées ordinaires au sortir de la messe dominicale – depuis la fenêtre de ce bâtiment – mais également de sillonner périodiquement le village et la campagne avec son tambour (desservant jusqu’à 30 emplacements disséminés sur tout le territoire communal), pour annoncer vocalement à la population de bonnes ou moins bonnes nouvelles, d’un emblématique et sonore : « Avis à la population… ! ».
Lors de la Révolte paysanne d’août 1953 à Saxon, c’est lui qui fut par exemple chargé d’annoncer dans les campagnes l’arrêt des récoltes d’abricots, conduisant aux événements qui ébranlèrent toute la Suisse.
A côté de ces fonctions « publiques », Carbolone exerçait également son talent de percussionniste au sein de plusieurs sociétés locales, comme la fanfare L’Avenir avec laquelle il donna son premier concert à 16 ans, des orchestres (premier batteur de l’orchestre Jo Perrier à la fin des années 1950) ou encore avec le groupe folklorique de l’Arbarintze de Saxon.
Son engagement le plus fameux, en tout cas le plus médiatisé, est celui qui le lia durant plusieurs décennies aux Amis de Farinet, sur la célèbre vigne éponyme du village voisin de Saillon, sur laquelle il allait battre le tambour lors de chaque réception de personnalités, arborant son emblématique foulard rouge et son chapeau. Il y croisa des célébrités comme le Dalaï-lama, l’actrice Claudia Cardinale, le footballeur Zinédine Zidane, parmi tant d’autres…
L’ancienne maison de commune de Saxon, devant laquelle vous vous trouvez, abrite désormais les figures peintes en hommage à « Carbolone » et à sa fonction de crieur public. Elles sont l’œuvre de l’artiste Jean-Bernard Hofmann.
A côté, couple de danseurs du groupe folklorique l’Arbarintze Fondé en 1969
Né du cœur d’une terre et de la mémoire d’un peuple, l’Arbarintze fait revivre les danses,
les musiques et les costumes de nos traditions ancestrales.
Chaque pas raconte une histoire, chaque geste prolonge la mémoire.
Quand la danse rencontre l’histoire
septembre 2025
La fratrie « Meumeu » Thomas était composée de Cyrille, Fernand et Marco. Cyrille fut surnommé le « Oin-Oin saxonnain » de Monsieur Milliquet. Vous pouvez le voir sur cette fresque comme sosie de Claude Blanc, humoriste à la TSR.
Dans sa jeunesse, Cyrille travailla au barrage de la Dixence en tant qu’aide-cuisinier. Il retrouva également une place dans la cuisine à l’armée. Ainsi que son frère Fernand, il apprit le métier de carreleur « sur le tas », comme c’était de coutume à l’époque. Jeunes ouvriers, ils travaillèrent hors canton. Les déplacements se faisaient en train ou en VW Coccinelle. Bientôt, Cyrille monta son entreprise sur Saxon. Il épousa Mireille et le couple eut deux enfants : Stéphane et Chantal.
Cyrille était l’archétype de l’ouvrier-paysan. A côté de son métier, il poursuivit les cultures de son père Blaise Thomas sur les parcelles d’abricotiers à Champassé et de poiriers au Vaccoz. Infatigable, Cyrille faisait également en sous-culture des tomates et des carottes. Il était de tous les combats : en 1953, Cyrille fut condamné pour sa participation à la révolte paysanne du 7 août.
Il travailla d’arrache-pied jusqu’à ses 75 ans. Il développa néanmoins plusieurs hobbys : les courses en montagne, le ski, la pêche, les sorties de la « classe 31 » avec ses contemporains et les collections de timbres et de cartes postales sur Saxon dans les thèmes Doxa et Casino. Il s’intéressa aussi à la commune de Leytron, patrie de sa femme Mireille. En cartophile sérieux, Cyrille fouillait beaucoup de brocantes. Ce virus l’emmenait jusqu’en France voisine dans la région de Lyon. Là-bas, chez la famille, il trouvait de magnifiques « farfouilles » où découvrir de précieux trésors.
