Jo Perrier

Jo Perrier (8.12.1934 – 11.01.2008) – juin 2021

Jeunesse

Jo Perrier naît le 8 décembre 1934 et grandit dans le vieux village de Saxon situé au pied de la Pierre à Voi. Après une enfance passée en grande partie dans les mayens à garder le troupeau de chèvres familial accompagné de son harmonica, le petit berger commence seul à apprendre l’accordéon.

Profession

Par la suite, il suit les cours à l’école d’agriculture de Châteauneuf et travaille la campagne avec son père. Il épouse Darynka Claret en 1958. De cette union naîtront deux enfants, Joël et Carole. En 1961, il reprend l’épicerie familiale qui deviendra quelques années plus tard un bar à café.

Le musicien

Jo monte sur les planches pour la première fois en 1950 à l’âge de 15 ans accompagné de son accordéon. Ce sera ensuite un duo, puis un trio….

En 1957 débute l’aventure de l’Orchestre Jo Perrier. Les 28 musiciens des 8 formations différentes animeront les bals, concerts, soirées et innombrables manifestations à travers le Valais et la Suisse romande. Ils feront danser plusieurs générations de Valaisans en reprenant les tubes de chaque époque et graveront dans toutes les mémoires des souvenirs indélébiles. Trente ans de musique seront célébrés le 7 décembre 1987 dans la salle mythique du Casino de Saxon en réunissant toutes les formations sous la direction de Jo. La presse locale dira de lui qu’il a fait danser près de 100’000 Valaisans !

Le compositeur

Avec son piano, Jo Perrier compose de nombreuses musiques et chansons, dont la plus célèbre ‘Maman’ qui représentera les couleurs de Monaco au grand Prix Eurovision en 1969 à Madrid. Cette chanson interprétée par le jeune Jean-Jacques fera le tour du monde. Elle sera traduite en neuf langues et vendue à plus d’un million d’exemplaires dans ses différentes versions.

En 1988, Jo Perrier écrit une oeuvre musicale qui en bouleversera plus d’un : Hymne à la célèbre ’Inconnue du Rhône’, le corps d’une femme rejetée par le fleuve sur les berges de Saillon en mars 1978 et qui ne fut jamais identifiée.

L’imprésario

Toujours passionné de musique, Jo organise également de nombreux galas de variétés à travers le Valais et fait connaître ainsi une multitude d’artistes valaisans et d’ailleurs.

Voulant contribuer à sa manière à la découverte et au lancement de jeunes talents, il crée son propre studio d’enregistrement dans sa grange au village avec la collaboration de son fils et de son ami José Marka : le Studio JOP. Sa renommée dépassera même les frontières helvétiques.

La musique dans le sang

Par la suite, Jo continue de se consacrer à la musique en animant des soirées dansantes dans son ‘café-concert’ qu’il tient avec son épouse, le Bar Jo Perrier, situé dans la maison de son enfance en invitant des amis artistes et continue ainsi de faire danser la population locale sur des airs populaires. Il anime également des croisières sur la Méditerranée ainsi que d’autres événements dans la région avec deux amis musiciens.

Le philanthrope

Mais Jo Perrier participe aussi à la vie locale du village en faisant partie de la commission culturelle, du comité de Carnaval et du chœur Gospel. Il écrit également une chanson ‘La Fête’ afin de célébrer l’abricot, fruit emblématique de Saxon, à l’occasion de la Fête qui lui est dédiée en 1983.

Après plusieurs années de maladie, Jo Perrier s’éteint le 11 janvier 2008 à l’âge de 73 ans.

Toute sa vie s’est construite au rythme vivant de la musique qui l’a inspiré et au travers de laquelle il a pu extérioriser avec sincérité ses sentiments.

Il laissera le souvenir d’un homme au grand cœur, entier et passionné et a contribué par son nom à faire connaître très loin à la ronde notre charmant village de Saxon.

Sources : RTS – Zig Zag Café et TV8 – Mont Blanc


Jo Perrier héros des trente glorieuses

Par Gabriel BENDER, historien et sociologue

Pendant trente ans le chef d’orchestre, compositeur et musicien de Saxon a fait danser la jeunesse valaisanne et pas que.

En avant la musique …

Le Valais a été projeté dans la société de consommation peu après la fin de la seconde guerre.

L’économie se transforme rapidement. Les emplois dans l’agriculture se font rares… Il se construit beaucoup.

On creuse, on perce des tunnels, on édifie les barrages et les stations de ski. En montagne, le son des cloches des vaches est recouvert par le chant des marteaux piqueurs et la complainte de la bétonnière.

Barrage de la Grande Dixence

Tunnel du Simplon

Dans la plaine du Rhône, on fait appel à du personnel étranger. Les horizons s’ouvrent, la population est bigarrée.

Ceci amène de l’argent et un nouveau rapport au temps libre.

Le bal

Cette fièvre se retrouve le vendredi et le samedi soir au bal. La jeunesse se réunit une fois dans une commune, une fois dans une autre en fonction des événements, fête votive ou festival des fanfares.

Le bal populaire est une tradition ancienne en Valais.

En 1803, la loi sur les auberges tente de réduire leur diffusion. Il faut obtenir l’autorisation du curé de la paroisse pour en organiser un. Mais qui peut empêcher un berger de sortir son harmonica pour faire danser sa belle ?

Le conflit entre le bal et le clergé a inspiré à Eddy Mitchel un de ses plus grands succès « Pas de boogie boogie avant la prière du soir » (1976). La chanson est une adaptation de Don’t Boogie Woogie de Layng Martine Jr, enregistré par Ray Stevens en 1976 et reprise pas Jerry Lewis l’année suivante.

Comme quoi le contrôle des corps préoccupe le clergé des deux côtés de l’Atlantique. Les trente glorieuses signent la victoire du bal sur l’église catholique.

Pour danser

Les filles s’entrainent. Elles sont instruites par leurs mères et initiées lors des mariages ou autres fêtes de famille qui sont des occasions de danser.

Pour apprendre la valse, la porte de la cuisine sert de sparring- partenaire. Un deux trois, un deux trois, un deux trois. Une fois du pied gauche, une fois du pied droit. Le pied gauche. Le pied droit en suivant le rythme.

Les hommes aussi s’exercent car être bon cavalier est un avantage. Le garçon demande : « Vous me réservez la prochaine ? Non, ce n’est pas possible, j’ai déjà promis.

Du haut de leur estrade, les musiciens s’amusent du spectacle. La chorégraphie est dans la salle. C’est un jeu subtil de clin d’œil et de déhanchement.

Avec L’orchestre

Le répertoire de l’orchestre Jo Perrier est composé des tubes du hit-parade d’ici et d’ailleurs. De la valse, des tangos, les marches musettes à l’accordéon et les sons chaloupés cubains, les chachas, le twist ou la java.

La soirée était composée de sets qui s’enchainaient en variant les rythmes pour ne pas épuiser le public.

Jo Perrier a formé huit variantes de son orchestre. Vingt-huit musiciens ont participé à l’aventure. Des virtuoses, professionnels ou amateurs qui ont porté fort et haut les couleurs de la musique populaire.

Une ou deux fois par semaine, plus pendant carnaval et ceci durant trente ans. Plusieurs milliers de bals ont été animés par l’orchestre dont la réputation a passé les frontières du canton.

Compositeurs

Le musicien a composé de nombreuses pièces. En 1969, Jo Perrier a composé la musique de Maman, chanson qui représentait la Principauté de Monaco. Ce sera un tube planétaire traduit en sept langues et prenant la première place des hit-parade de Paris et Tokyo.

D’autres orchestres ont suivi : Astérix, Dream ou Flash.

Les hommes-orchestres, la vague disco, les DJ ont progressivement remplacé puis fait disparaitre les bals populaires…


« Maman »

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Chanson de Jean-Jacques au Concours Eurovision de la chanson 1969

« Maman »
EP de Jean-Jacques
extrait de l’album Jean-Jacques

Jean-Jacques a également enregistré la chanson en allemand (Mama), en espagnol (Mamá) et en italien (Mamma).

Après avoir été choisie en interne par le radiodiffuseur monégasque Télé Monte-Carlo, Maman interprétée par Jean-Jacques Bortolaï, alors âgé de 12 ans, est la chanson sélectionnée pour représenter Monaco au Concours Eurovision de la chanson 1969 le 29 mars à Madrid, en Espagne.

Le titre de la chanson affiché à l’Eurovision est Maman, Maman.

A Madrid, la chanson est intégralement interprétée en français, langue officielle de Monaco, comme l’impose la règle entre 1966 et 1972. L’orchestre est dirigé par Hervé Roy.

Maman, Maman est la quatrième chanson interprétée lors de la soirée du concours, suivant l’une des quatre chansons lauréates de 1969 Vivo cantando de Salomé pour l’Espagne et précédant The Wages of Love de Muriel Day pour l’Irlande.

À l’issue du vote, elle obtient 11 points et se classe 6e sur 16 chansons.


Affiches

Source : Médiathèque Valais-Sion.

Source : Médiathèque Valais-Sion.

Source : Médiathèque Valais-Sion.

Source : Médiathèque Valais-Sion.

100’000 affiches en ligne !