La Révolte paysanne du 7 août 1953 – juin 2019

Dès la fin du XIXe siècle, la domestication des eaux dans la plaine du Rhône, par l’endiguement du fleuve et le creusement de canaux, permet de dégager de nouvelles grandes surfaces cultivables.
Des sociétés œuvrent au développement agricole du canton, notamment l’Ecole d’agriculture d’Ecône dès 1892, et boostent la production de fruits et légumes. La « Société de conserves alimentaires de la vallée du Rhône » établie à Saxon, rebaptisée « Doxa », assure l’écoulement et le commerce d’une bonne partie de ces produits.
L’arrivée du train à Saxon favorise également l’expansion agricole par son soutien logistique.
La 1ère Fête valaisanne de l’abricot a lieu du 13 au 20 juillet 1952 à Saxon. Les autorités fédérales mettent en place « le système des 3 phases » pour équilibrer la production indigène et les importations.
Tout concorde à un essor réjouissant.
Début août 1953, les récoltes sont prometteuses. Mais seulement voilà : les dépôts de fruits sont pleins d’abricots étrangers. La bourse aux fruits qui se tient à Saxon décide de l’arrêt des cueillettes. Devant l’injustice de leur situation, les paysans se révoltent le 7 août à la gare : routes barrées, trains bloqués, wagons saccagés.
La presse condamnera ces violences en comprenant toutefois les raisons qui ont poussé les paysans à se rebeller… L’affaire sera portée devant les tribunaux.
Finalement, la Confédération appellera à la solidarité nationale
pour écouler les abricots valaisans de la révolte.
Sculpture : « Révolte de 1953 »
Michel Favre : Site Internet – www.michelfavre.ch





La Commune de Saxon comptait une quinzaine de châbles.
Un châble, « tsable » en patois, est un dévaloir, une sorte de couloir dans la pente, par où l’on faisait dévaler en hiver les troncs abattus.
Les travaux de châblage étaient particulièrement dangereux lorsqu’il fallait remettre une bille dans l’axe du châble afin qu’elle dévalât à nouveau vers la plaine. Durant ces manœuvres, le risque était grand de se faire écraser.
Avec la construction de voies carrossables, les dévaloirs ont été petit à petit abandonnés.
Inspiré de « Saxon, entre ombre et lumière, mille ans d’histoire au pied de la Pierre Avoi », Editions Monographic
Fresques : « Le Tsable » et « Jo Perrier »
Pascal Berod : Site Internet – Pascalberod



- https://www.lenouvelliste.ch/valais/valais-central/sierre-district/sierre-commune/monthey-pascal-berod-un-hyperactif-aux-multiples-terrains-de-jeu-1211518
- http://charmaie.ch/129/content/fresques-pascal-berod.htm
- https://www.rhonefm.ch/culture/l-artiste-pascal-berod-signe-une-nouvelle-fresque-sur-une-facade-de-saxon-un-hommage-a-jo-perrier-36920
Jo Perrier (8.12.1934 – 11.01.2008) – juin 2021

Joseph Perrier, dit Jo Perrier, naquit et vécut dans cette maison. Jo se produisit pour la première fois à l’âge de 15 ans accompagné de son accordéon.
Il travailla la campagne avec son père. Il épousa Darynka Claret en 1958. De cette union naquirent deux enfants, Joël et Carole. En 1961, il reprit l’épicerie familiale qui devint plus tard un bar à café.
En 1957 débuta l’aventure de l’Orchestre Jo Perrier. Les 28 musiciens des 8 formations différentes animèrent les bals, concerts, soirées et innombrables manifestations à travers le Valais et la Suisse romande en reprenant les tubes de chaque époque. La presse dit de Jo qu’il fit danser près de 100’000 Valaisans !
Avec son piano, Jo Perrier composa de nombreuses musiques et chansons, dont la plus célèbre ‘Maman’, interprétée par le jeune Jean-Jacques, qui représenta les couleurs de Monaco au grand Prix Eurovision en 1969 à Madrid.
En 1988, Jo Perrier écrivit une oeuvre musicale qui en bouleversa plus d’un : Hymne à la célèbre ‘Inconnue du Rhône’.
Pour contribuer à la découverte et au lancement de jeunes talents, Jo créa son propre studio d’enregistrement dans sa grange au village avec la collaboration de son fils Joël et de son ami José Marka : le Studio JOP. Sa renommée dépassa même les frontières helvétiques.
Jo Perrier participa aussi à la vie locale du village en faisant partie de la commission culturelle, du comité de Carnaval et du chœur Gospel. Il écrivit également une chanson ‘La Fête’ afin de célébrer l’abricot, fruit emblématique de Saxon, à l’occasion de la Fête qui lui fut dédiée en 1983.
Toute sa vie fut construite au rythme vivant de la musique.
Jo Perrier laisse le souvenir d’un homme au grand cœur, entier et passionné.
La Guerre du Fluor – juillet 2022

L’Affaire du fluor en Valais, un scandale environnemental qui mettra près de 70 ans pour éclater.
En 1908, le Valais entre de plain-pied dans l’ère industrielle avec la construction de deux usines d’aluminium. La première se situe à Chippis et appartient à la firme qui deviendra Alusuisse ; la seconde est construite par une firme allemande à Martigny. Très vite, des dégâts sur la végétation sont constatés. Le responsable des dommages est un composé fluoré nécessaire à l’abaissement du point de fusion lors de la fabrication de l’aluminium. Ses émissions portent également atteinte à la santé des travailleurs qui rencontrent des problèmes respiratoires et des lésions osseuses, bien que la maladie dont ils souffrent – la fluorose – ne soit pas encore reconnue.
Le problème s’intensifie dès les années 60 avec une forte augmentation de la production. Les producteurs bas-valaisans se plaignent régulièrement de dégâts conséquents sur leurs cultures, notamment sur les abricotiers. L’affaire reste toutefois confinée dans la sphère agricole. Il faut attendre 1975 et une récolte d’abricots catastrophique – plus de 90% des récoltes sont détruites à Saxon – pour que le problème du fluor soit plus largement dénoncé et que l’affaire se transforme en véritable scandale. En effet, ce n’est qu’avec une large mobilisation multisectorielle que la question du fluor se retrouve sur le devant de la scène. Cette dénonciation est rendue possible grâce à l’investissement des Saxonnains et aux mobilisations bas-valaisannes qui contraignent le Gouvernement valaisan à prendre des mesures en 1978, malgré le poids économique et politique d’Alusuisse qui protégeait jusque-là l’ensemble des usines d’aluminium valaisannes. Au printemps de cette année-là, quelques paysans ayant perdu foi et patience dynamitèrent un pylône acheminant l’électricité pour l’aluminium…
Coralie Fournier
Fresque : « Guerre du Fluor »
Sébastien Pridmore : Site Internet – www.spridmore.ch

Franck Bouroullec : Site Internet – www.franckbouroullec.ch

Williamfine du Moulin – novembre 2022

Voici Monsieur Paul Vouilloz, 1912 – 1976, vous présentant sa fine eau-de-vie de poire William,
la bien nommée « Williamfine du Moulin » devant l’établissement de Charrat.
Monsieur Paul Vouilloz était un entrepreneur avant-gardiste qui défonçait des terrains privés autant que d’autres parcelles appartenant à l’Etat du Valais avec sa pelle mécanique. Il participa ainsi à l’amélioration des cultures de la plaine du Rhône.
Il avait de qui tenir. Son père Maurice Vouilloz, 1871 – 1927, était le directeur de la fabrique de conserves DOXA qui écoulait les abondantes récoltes de fruits et légumes cultivés dans la plaine.
Monsieur Paul Vouilloz était membre des entrepreneurs suisses. Il voyagea jusqu’aux USA même. Lors d’un déplacement en Hollande, il fut émerveillé par les moulins. A son retour, il participa à la construction du moulin de Charrat où le président Hermann Gaillard voulait justement faire la promotion du Valais et de ses fruits et légumes.
Les nombreux touristes qui passaient aux alentours du « Mon Moulin » de Monsieur Gaillard, pouvaient donc acheter des produits de qualité comme les abricots, les poires et leurs dérivés confectionnés dans la cuisine du restaurant. Sans oublier les fines eaux-de-vie.
Ce sont sa fille, Yvonne Vouilloz-Perrier, et son beau-fils, Félix Perrier, qui vivent ici en gardiens du souvenir…
Cette maison fut construite en 1916 par Monsieur Besson et rachetée ensuite par Monsieur Maurice Vouilloz.
Le peintre, Robert Vassaux de Fully, peignit la fresque en 1970.
Fresque : « Williamfine »
Robert Vassaux :

On marche depuis des centaines de milliers d’années. C’est bien à pied que l’homme moderne s’est déplacé jusque dans nos régions. Il s’est bien vite attaché les services de bêtes de trait et de somme.
Pour progresser dans son travail, il a construit des machines. Et ça marche ! Il faut maintenant améliorer les infrastructures de circulation.
La société est en marche vers la technologie. Les limites sont repoussées. A chaque effort de mobilité, l’homme oppose un nouveau moyen puisant dans les différentes énergies. La liste s’allonge tous les jours : trottinette, vélo, moto, taxi, bus, camion, train, voiture volante, avion, hoverboard, …
Merci aux propriétaires Antoinette et Christian Dubuis d’héberger notre fresque.
Ils connaissent la mobilité, eux qui ont organisé le Rallye International du Valais de 1993 à 2016 !
Sculpture : « Saxon en marche »
Philippe Baro : Site Internet – graffeur.ch

Casino et Saxon-les-Bains

Arrière-petit-fils de Joseph Fama, ancien président et artisan du succès de Saxon au XIXe siècle, Jacques Montangero s’est replongé dans l’histoire de sa famille pour en tirer un livre retraçant le développement du village grâce aux bains et au casino.
